NOTE :
"Dans ce passage à un espace dont la courbure n'est plus celle du réel, ni celle de la vérité, l'ère de la simulation s'ouvre donc sur une liquidation de tous les référentiels- pire: par leur résurrection artificielle dans les sytèmes de signes, matériau plus ductible que le sens, en ce qu'il offre à tous les sytèmes d'équivalence, à tous les oppositions binaires, à toute l'algèbre combinatoire. Il ne s'agit plus d'imitation, ni de redoublement, ni même de parodie. il s'agit d'une substitution au réel des signes du réel, c'est à dire d'une opération de dissuasion de tout processus réel par son double opératoire, machine signalétique métastable, programatique, impeccable, qui offre tous les signes du réel et encourt-circuite toutes les péripéties.
Plus jamais le réel n'aura l'ocassion de se produire - telle est la fonction vitale du modèle dans un système de mort, ou plutôt de résurrection anticipée qui ne laisse plus aucune chance à l'événement même de la mort. hyperréel désormais à l'abri de l'imaginaire, et de toute distinction du réel et de l'imaginaire, ne laissant place qu'à la récurrence orbitale des modèles et à la génération simulée des différences.."
Jean Baudrillard. Simulacres et Simulation, p12 , Galilée 1981